Lipofilling

Au niveau du visage, en plus de la peau, le vieillissement porte aussi sur la graisse sous-cutanée. Son volume et sa répartition sont modifiés sous une forme habituellement atrophique (diminution de volume) mais également parfois sous une forme hypertrophique (augmentation de volume, en particulier au niveau des joues).

Pour les formes atrophiques, la réinjection de graisse prélevée sur le patient, appelée aussi « lipostructure » « réinjection de graisse autologue » ou « technique de Coleman » permet de restaurer les volumes de graisse mais également d’atténuer les rides en remettant en tension la peau et en améliorant sa trophicité. La technique peut être réalisée seule ou peut être associée à un lifting, une blépharoplastie.

  • LIPOFILLING DES PAUPIERES
  • LIPOFILLING DU VISAGE
  • TECHNIQUE

Les injections de graisse sont faites en profondeur, sous le muscle orbiculaire afin de minimiser le risque d’irrégularité de surface après l’injection.

Au niveau de la paupière inférieure, le site d’injection peut déborder au-delà de la paupière proprement dite pour combler la région du cerne, de la vallée des larmes, la région sous la paupière et pour redonner du volume à la pommette. Afin de minimiser la rançon cicatricielle, les points d’injection se font au niveau de la partie basse de la vallée des larmes et dans une ride de la patte d’oie ou au niveau du cuir chevelu. Les volumes de graisse injectés sont en moyenne de :

  • 1 cc pour les cernes et la vallée des larmes,
  • 2 cc pour la région sous la paupière,
  • 5 à 10 cc pour la pommette.

Au niveau de la paupière supérieure, l’injection de graisse peut être réalisée dans les paupières creuses (défaut de volume constitutionnel ou après résection chirurgicale excessive) ou en cas de perte de volume au niveau de la partie latérale du sourcil. Les incisions se font au niveau de rides pour les minimiser (patte d’oie, ride du lion) et le volume de graisse injecté est habituellement entre 2 et 4 cc.

Au cours du vieillissement du visage, la graisse qui constitue le visage va subir des modifications avec une atrophie (diminution de volume) ou se déplacer avec le glissement des tissus.

L’atrophie va majorer les rides et sillons, donner au visage un aspect amaigri. Le microlipofilling peut alors remettre les tissus sous tension pour atténuer les rides et sillons, permettre de redonner au visage la plénitude de la jeunesse. Le microlipofilling peut se suffire à lui-même ou être associé à un geste chirurgical (lifting, blépharoplastie) dans le même temps ou dans un deuxième temps.

Une analyse fine des demandes du patient, de son visage et des photographies du patient âgé entre 20 et 30 ans permettent d’établir un projet de soins. Ainsi, en dehors de la région palpébrale déjà vue, il est habituel de proposer des injections de graisse au niveau des rides et sillons pour les atténuer (rides du lion, sillon nasogénien, plis d’amertume, bajoues…), au niveau de zones où la graisse a « fondu » (partie basse et postérieure de la joue, tempe…) et où la graisse a « glissé » (pommette). Il peut permettre également une augmentation des lèvres.

L’avantage majeur par rapport au comblement par acide hyaluronique est son caractère définitif. Pour cette raison, il peut être proposé un premier temps de comblement par acide hyaluronique pour avoir une idée. Le résultat définitif doit être évalué à partir du 4ème mois.

Le principe du microlipofilling est dérivé de la technique du lipofilling dont il se distingue par le recours à du matériel miniaturisé, les faibles volumes injectés et un taux de résorption moindre que dans la technique du lipofilling classique. Le but est de prélever de la graisse du patient idéalement dans des zones où elle est en excès pour l’injecter dans des zones où elle est manquante à des fins de comblement, d’où son nom lipofilling (to fill signifie remplir en anglais). La technique initiale du lipofilling a été décrite en 1995 par Coleman qui a décrit la technique de lipostructure® avec ses différents temps. Il n’y a pas de rejet dans le sens immunitaire du terme car il s’agit de la graisse propre du patient.

Le protocole de prélèvement est bien codifié dans ses grands principes. La graisse est prélevée à l’aide d’une petite canule à la seringue, habituellement au niveau de la face interne des genoux, de l’abdomen. La graisse est centrifugée pour l’isoler du produit anesthésique en cas d’anesthésie locale, des cellules graisseuses non viables et du sang.

La graisse viable est ensuite injectée au niveau de la zone à traiter en prenant soin de bien la répartir. L’injection va induire un systématiquement un œdème qui va mettre environ 2 à 3 semaines pour disparaitre et une partie de la graisse habituellement estimée autour de 10% va également se résorber habituellement les 4 mois qui suivent. C’est à partir de ce moment que le résultat peut être apprécié.

L’injection de graisse peut être réalisée sous anesthésie générale ou sous anesthésie locale.